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public art experience 2

les lauréates

cécile dupaquier / hisae ikenaga / naïmé perrette

transmutation / la vidéo / les photos

naïmé perrette

À travers la sculpture, la vidéo, l’image et l’installation, Naïmé Perrette crée des assemblages complexes qui interrogent les rapports à nos environnements sociaux et géographiques. Son travail aborde la façon dont les sociétés interviennent sur leurs territoires et les représentent, ou encore le rôle du travail et des pratiques créatives dans la construction de l’identité. Elle confronte différentes perspectives et rapports d’échelle à la fois dans ses œuvres physiques et dans ses films. Ceux-ci nous plongent dans l’underground, au sens propre ou figuré : dans les profondeurs d’une mine russe, à bord d’un chalutier français, dans les scènes punk hardcore de Melbourne et hip-hop de Richmond, ou encore dans la recherche d’une nouvelle source d’énergie souterraine, quasi mythique.
Diplômée de l’ENSAD (Paris) en Cinéma d’Animation, elle a été résidente à la Villa Albertine ainsi qu’à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten d’Amsterdam. Son travail a notamment été présenté au Wiels (Bruxelles), à la 5e Biennale d’art contemporain de l’Oural (Ekaterinbourg), à De Eye (Amsterdam), au HKW (Berlin), au STUK (Louvain), au Museu de Arte Moderna (Rio de Janeiro) et à Simian (Copenhague).

« Transmutation » désigne un changement de nature, une modification de la matière. Depuis plus d’un siècle, les paysages de la région de Minnet ont été complètement remodelés. Les forêts et champs ont été supplantés par des usines sidérurgiques, les sols ont été creusés, les terres rouges ont été transformées en métal usiné. Puis l’exploitation métallurgique a pris fin, laissant des vestiges monumentaux autour desquels la cité de l’innovation vient d’être construite.
Transmutation raconte cette mutation de ce paysage - de l’extraction de minerai et la production de l’acier, à l’exploitation et la production de savoirs.
Les strates de l’une des sculptures s’élèvent hors de l’eau, décomposant les étapes de cette transformation de la terre rouge à une matière miroitante. Une autre sculpture lui fait suite : elle évoque une dissolution, comme une possible transformation future. La troisième est quant à elle un enchevêtrement de strates qui coexistent : un instant présent formé par des dynamiques multiples.
Le mythe de la Transmutation en alchimie, c’est une transformation de métaux non précieux en métaux nobles - voire même d’un élément en un autre : la terre, l’eau, l’air, le feu. À l’atelier, pendant 9 mois, c’est en quelque sorte ce que nous avons essayé de faire avec l’équipe de ferronnier.e.s. Les flammes des chalumeaux et les dizaines de milliers de coups de marteaux ont fait épouser à des tôles plates la texture de la roche et les volumes des sculptures. De longues semaines de polissage et la coloration par la chaleur ont métamorphosé l’aspect de la matière.
Une fois installées dans le bassin, avec les reflets de l’eau et du ciel et les mouvements d’air, les sculptures étaient enfin complètes. ».

Naïmé Perrette

Photos : © Éric Chenal. Courtesy Le Fonds Belval